Le sénateur Desras fait volte-face

SenateurLe sénateur Dieuseul Simon Desras change de posture en ce qui a trait à la promesse de porter ses pairs à voter l’amendement de la loi électorale. Le choix qu’a fait le CSPJ de désigner un proche de la Primature au CEP lui a fait changer d’avis sur son intention de participer aux prochaines élections « bonnes ou mauvaises ». Desras appelle en outre le CEP incomplet à se rétracter au risque d’être poursuivi « pour usurpation de titre et de fonction ».

Les espoirs  qu’avait donnés le président du Sénat de porter les sénateurs du Groupe 6 à statuer sur l’amendement de la loi électorale une fois le Conseil électoral provisoire affiché complet ont volé en éclats. Dieuseul Simon Desras  a fait un virage spectaculaire ce lundi. Ses récentes et récurrentes sorties publiques pour annoncer qu’il participera coûte que coûte aux prochaines sénatoriales partielles—bonnes ou mauvaises, les élections se tiendront avec moi, avait-il balancé tout récemment— semblent ne l’avoir engagé aucunement.

Le processus aboutissant au choix de Yolette Mengual pour représenter le CSPJ au CEP  en remplacement  de Marie Carole Floréal Duclervil sert, entre autres, de prétexte au sénateur Desras pour changer de point de vue. « L’exécutif  a manipulé le président du CSPJ considéré comme une   « poupe twèl » afin de faciliter l’élection de Yolette Mengual, une employée de la Primature, au Conseil électoral provisoire, a-t-il dénoncé, lundi, en marge d’une conférence de presse  à son bureau. Je n’ai rien contre le personnage, mais il est clair que c’est une personne qui travaille pour l’exécutif. Ce choix ne nous rassure pas ! »

Le sénateur du Plateau central recommande aux membres du Conseil électoral des sept de « surseoir à toute activité au risque d’être poursuivis en justice pour usurpation de titre et de fonction ». Car, affirme-t-il, le Sénat ne s’engage nullement dans ce que fait ce CEP incomplet. Le parlementaire a, en outre, critiqué la façon dont les examens pour recruter les membres des BEC et BED ont été réalisés dans le pays.

Le président du grand Corps annonce qu’il va durcir le ton  dans les heures qui viennent. « Depuis un certain temps, a-t-il dit, j’ai gardé un profil bas afin de faciliter la mise en place du CEP. » Mais il dit remarquer que rien n’est fait pour avancer dans la bonne direction. « La politique en Haïti, c’est que souvent il y a des gens qui ne cherchent qu’à faire des coups au lieu d’afficher un comportement institutionnel et le respect des lois. Les conseillers du président lui font comprendre que le CEP peut prendre des décisions en attendant que le conseil soit complété », regrette Dieuseul Simon Desras.

Le parlementaire est plus que convaincu que le président  Martelly n’a pas la volonté d’organiser les élections cette année.  La raison ?  «  Il veut voir avant tout  la fin du mandat des députés et sénateurs. Afin de régler ses comptes avec ses opposants. Mais il doit savoir que nous réfléchissons pour lui aussi. »

Selon lui, les parlementaires doivent se préparer à se lancer dans une bataille sans merci contre le pouvoir en place. Et cette bataille, soutient-il, devra commencer à partir du mois d’août, peu avant la fermeture de la dernière session de la 49e législature. «  Le gouvernement a gaspillé le temps pour ne  réaliser aucune élection depuis plus de trois ans. Il doit en payer les conséquences. »

Par ailleurs, le sénateur Dieuseul Simon Desras affirme que « l’avenir de l’amendement de la loi électorale au Sénat dépend de l’existence du Conseil électoral ». Mettant en garde le représentant  du pouvoir législatif au CEP contre toute idée de s’associer aux activités du conseil, ce dernier s’en prend à Marie Clunie Dumay Miracles. « « A quel titre une personne comme Marie Clunie Dumay Miracles siège-t-elle au CEP alors que nous lui avons écrit pour la remercier ? C’est une question de caractère, de moralité ! »

A ceux qui veulent l’entendre, le président du Grand corps rappelle que le chef de l’Etat a devant lui cette fin d’année pour réaliser les législatives partielles. «  Dans le cas contraire, personne, en commençant par moi-même, ne va tolérer que l’Exécutif faisse un stage dans l’organisation d’élections  qui engagent l’avenir politique du pays. Cet exécutif va devoir faire les frais. »

Yvince Hilaire Le Nouvelliste

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