Le President satisfait de sa tournee aux Etats Unis

« Je suis très satisfait de mes rencontres, mais je ne reviens pas de Washington avec une mallette remplie de dons », a déclaré le président Michel Martelly vendredi soir lors d’un point de presse au terme de sa visite officielle dans la capitale américaine.
« Demander n’était pas le but de ma visite. Il ne faut pas toujours demander, mais savoir exprimer ses besoins », a ajouté le président haïtien après trois jours de rencontres avec l’exécutif américain, des élus et des responsables militaires.
Pressé de questions par les journalistes qui voulaient savoir ce qu’il a obtenu de concret au cours de sa tournée américaine, le président Martelly a expliqué qu’il a surtout exposé sa philosophie aux amis d’Haïti.
« Je ne demande pas des dons, j’explique ma position et au cours de la conversation je fais comprendre à mes interlocuteurs les besoins du pays. Souvent, on nous fait des propositions ou bien, ensemble, nous trouvons la solution la plus appropriée ».

La force de défense à l’ordre du jour

« J’ai présenté la nécessité de la création d’une force de sécurité pour Haïti et tous mes interlocuteurs ont compris ma position », a déclaré quelques minutes avant le point de presse le président Michel Martelly au Nouvelliste.
Le président n’a pas caché sa satisfaction des retombées de sa visite au cours de cet entretien exclusif accordé au journal. « Je suis satisfait. Toutes mes préoccupations ont trouvé une réponse positive ou des oreilles attentives », a dit Martelly dans une allusion à ses rencontres avec le président américain Barack Obama, le vice-président Joseph Biden, le secrétaire d’Etat John Kerry et le général de division Werther Araya Victor de la Junte interaméricaine de défense.
En présence du ministre des Affaires étrangères, Pierre Richard Casimir et de l’ambassadeur haïtien accrédité aux Etats-Unis, Paul Altidor, le président Martelly a confié au Nouvelliste que sa promesse de campagne sera tenue au sujet de la nouvelle force de défense.
A aucun moment, le président n’a cependant parlé de retour des Forces armées d’Haïti (FADH).

La relance de Caracol

Un autre sujet de satisfaction pour le président Martelly est l’avenir du Parc industriel de Caracol. Après les millions de dollars investis par l’USAID et la BID, le parc peine à prendre sa vitesse de croisière.
L’objectif de 60.000 emplois est loin d’être atteint. Pour le moment moins de 3 000 personnes travaillent dans les rares usines qui occupent l’un des plus grands parcs industriels de la Caraïbe en termes de superficie.
« J’ai expliqué au président Barack Obama la nécessité de doter le parc d’un port à Fort-Liberté ou d’agrandir le port du Cap-Haïtien car pour le moment 60 à 70% du trafic commercial pour desservir le parc passe par la République dominicaine. Le président Obama a demandé à ses services d’étudier la question », a dit le président rapportant une partie de ses conversations avec le chef de l’exécutif américain.
Au cours de l’entretien de 33 minutes entre les deux hommes dans le bureau ovale, le président Martelly se réjouit que les membres de son équipe et ceux du président Obama ont pu échanger leurs emails et numéros de téléphone.

Les canaux de communication sont ouverts

« Des canaux de communication existent entre la Maison-Blanche et les responsables haïtiens, cela va permettre de mieux traiter certains dossiers », explique le président.
Autre satisfaction, l’accueil a été partout excellent aussi bien avec Obama, Kerry, Biden ou les membres des deux commissions des Affaires étrangères du Sénat et de la Chambre des représentants.
« Cela ne veut pas dire qu’Haïti aura des retombées immédiates, mais nous avons le support des responsables américains pour nos projets »,a déclaré le président haïtien.

Une meilleure compréhension d’Haïti

En plus des avancées sur certains dossiers, le président Martelly s’est dit satisfait d’avoir pu expliquer à de grands amis d’Haïti la vision de son administration pour le pays.
« Nous avons pu présenter les progrès et faire comprendre nos objectifs aux Etats-Unis et devant les représentants des 34 pays membres de l’Organisation des Etats américains. Cela va mettre nos partenaires en confiance et permettra d’aller plus vite grâce à la compréhension de la situation en Haïti et des efforts qui y sont faits», a dit le président Martelly lors de son dernier point de presse de sa tournée.
Le président a profité pour annoncer de prochaines tournées en Afrique et en Europe ainsi que sa participation à la prochaine réunion de la CARICOM.
A la question de savoir si cette visite ouvre une nouvelle ère dans les relations diplomatiques d’Haïti, le président Martelly a dit que non.
« Nous voulons travailler avec tout le monde. Le Venezuela, Cuba, la Chine, les Etats-Unis, l’Espagne, l’Afrique, avec tout le monde, ce au bénéfice du peuple haïtien.
Le président a dévoilé que dans la nouvelle diplomatie haïtienne qu’il met en œuvre Haïti ne fait pas que demander, Haïti fait aussi des dons.
« St-Vincent-et-les-Grenadine a été frappé par un cyclone, Haïti a fait un don d’un million de dollars à ce pays frère. A Cuba, une université où plusieurs étudiants haïtiens ont appris et apprennent la médecine a subi des dégâts, là encore Haïti a fait un geste de solidarité ».

Frantz Duval

Source: Le NouvellisteMartelly a LOEA

Comments are closed.