Choléra et élections, les violons s’accordent entre Martelly et Ban Ki-moon

files.phpLe président Michel Martelly et le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon paraissent sur la même longueur d’ondes sur des dossiers d’actualité, notamment l’épidémie de choléra qui frappe le pays et les élections législatives et locales en retard de plus de 3 ans.

Ban Ki-moon conduit une mission de 48 heures qui s’achève mardi 15 juillet.

Avec lui, « toutes les questions importantes ont été abordées », souligne le chef de l’Etat haïtien qui s’est adressé à la presse en compagnie du Sud-Coréen à la tête des Nations Unies depuis 2007.

La question du choléra

Le secrétaire général de l’Onu visite pour la 5e fois le pays dans un contexte où des milliers de victimes du cholera ont porté plainte contre l’Onu pour sa responsabilité, prouvée par des études scientifiques, dans l’introduction de la maladie dans le pays.

Niant toute implication de ce genre, Ban Ki-Moon a rencontré des victimes de l’épidémie meurtrière à Las Palmas, dans le Centre, département où tout a commencé. Il en a profité pour lancer une campagne d’assainissement total en compagnie du chef du gouvernement, Laurent Lamothe.

« Beaucoup ont vu la Minustah dans un certain temps d’un mauvais œil, l’accusant d’avoir amené le choléra en Haïti. Pour notre part, notre bataille a toujours été d’engager la Minustah aux cotés de l’exécutif, de l’Etat haïtien, du gouvernement pour éradiquer le cholera », affirme Michel Martelly.

Depuis octobre 2010, date de l’apparition de l’épidémie plus de 8 mille Haïtiens sont morts. Les chefs de file de la bataille juridique engagée à New York disent vouloir, en plus des dédommagements pour les victimes, des excuses et la reconnaissance complète de la responsabilité de l’Onu.

« J’ai salué le courage de monsieur Ban Ki-moon qui a dit que la Minustah ressent un engagement moral à accompagner Haïti dans le combat pour éradiquer le cholera », fait valoir Martelly soulignant le travail de la commission mixte et le plan de 2,2 milliards de dollars pour éliminer la maladie sur 10 ans.

Il y a moins d’un mois que les avocats des victimes du choléra ont sommé Ban Ki Moon de comparaître devant un tribunal fédéral aux États-Unis.

Le Collectif pour le dédommagement des victimes du choléra estime que la « visite inattendue » du secrétaire général de l’ONU n’apportera aucune solution aux problèmes des victimes du choléra.

Processus électoral : l’Onu ne désespère pas

Les Nations Unies à travers la Minustah sont par ailleurs très engagées dans le processus électoral qui doit aboutir à des scrutins les 26 octobre et 28 décembre 2014.

Au bout de multiples tractations, le Cep est sur le point d’être complété. Michel Martelly dit avoir reçu la lettre confirmant le choix de Yolette Mengual comme nouvelle représentante du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire(Cspj) et annonce pour « bientôt » la publication des noms des deux membres restants.

« Nous attendons la loi électorale que le Senat est censé voter… parce qu’il nous reste encore du temps », déclare Martelly lançant un appel « à ceux qui travaillent encore pour les élections » de voter les amendements à cette loi.

Ban Ki-moon a remercié Martelly pour son « engagement » pour la réalisation de ces élections en 2014. Ne cachant pas son inquiétude des différends entre Exécutif et Législatif, il se dit persuadé que les échéances fixées seront respectées sous le « leadership » du président.

Les élections auraient du être organisées depuis trois ans.

Martelly insiste sur le retrait de la Minustah

Le président Martelly, qui ne jure, depuis sa campagne électorale en 2010, que par la formation d’une force de défense pour le pays, orphelin de son armée, a insisté sur un retrait « ordonné » de la Minustah.

Le retrait est prévu pour 2016, et ce n’est pas la date qui est importante mais la stabilité que le pays aura, souligne-t-il.

Martelly indique en même temps que la possibilité de transformer la Minustah en une mission de développement a été abordée avec le secrétaire général et sera étudiée.

De son coté, Ban Ki-moon se dit « très impressionné » par ce qu’il a vu en Haïti 4 ans après le terrible tremblement de terre de janvier 2010. De « grands progrès » ont été accomplis, estime-t-il, mais le pays a encore besoin d’aide.

Alter Presse

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